Ces chemins ...

Dernière mise à jour : 21 nov. 2021


Ces chemins que l'on emprunt sans cesse.

Des jours, ils nous semblent légers et lumineux et d'autres on sent leurs pierres, leurs cassures..

Pourtant eux, ils sont ce qu'ils sont, les mêmes et différents.

Et justement, on leur en veut aussi de ne pas changer. De repasser encore et encore par eux, épuisée de refaire ce même chemin. Justement car on n'y perçoit pas encore leur différence, leur mouvement. Ils nous semblent inertes alors que tout respire en eux... leurs pierres, leur terre, leur herbe. Tout est en vie.

C'est juste nous qui sommes en survie, en sursis de porter toujours et encore notre souffrance.

Et ce chemin long et nécessaire est celui du pardon.


Le pardon, est un terme un lieu de réflexion de recherche infinie depuis des siècles.

Ici je ne vais que partager ma vision, mon ressentie et mon vécu dans ce chemin du pardon.


Il y a une phrase que j'aime:


" Le pardon n'excuse pas le passé mais élargie l'avenir"


C'est ma croyance aujourd'hui et mon expérience.


Le pardon, pour moi n'est pas une excuse. Excuser ce n'est pas donner de la valeur, ne pas reconnaitre le mal que l'on a pu crée.

Je ne m'excuse pas avec mon fils. Par contre je lui demande pardon en reconnaissant mon erreur.

Après a lui de me pardonner ou non. Il a ce choix là. Je lui redonne son pouvoir.

Alors que dans l’excuse, on pose juste ça là. Je pourrais penser que là aussi il a le choix bien sur d'accepter ou non mes excuses... mais pour moi c'est plus quelque chose pris à la légère.

Moi même je me perds dans mes ressentis.

Une question de mots, de maux.

On a le choix de demander pardon ou non. C'est un chemin. Mais une fois ce chemin là fait, ça ouvre d'autres possibles où l'autre a le choix d'accepter ou non. Mais on n'y a plus rien à faire là dedans. On n'a plus cette emprise sur l'autre. On le libère et on s'en libère aussi du coup.


Pour certains philosophes, le pardon serait comparé à l'oubli.

Je ne suis pas du tout cela.

Pour moi donner au pardon ce lieu de l'oubli mènerait à s'oublier soi-même à se nier.

Ce traumatise fait parti de nous à présent et l'oublier serait nier cette partie de nous.

Je ne pense pas non plus comme les religions qui pensent offense et pensent que pardonner c'est tendre l'autre joue.

Là, je pense que l'on est encore dans le sens du sacrifice.

Pour moi chaque être vivant porte en lui la source, la divinité et de se sacrifier ramènerait encore à se nier, ne pas se respecter. Et en faisant cela à ne pas respecter l'autre non plus.

Mon âme est venue dans ce monde, dans cette vie ci pour son évolution. Et pour cela, elle est amenée à traverser des expériences pour résoudre ce qui ne l'est pas encore.

Considérer que tout ce que l'on rencontre dans sa vie, n'est que des expériences pour notre réalisation.

Je crois à ce que la vie me soutiendra toujours et veut mon meilleur.

Même quand je fais l'expérience du Impardonnable, de cette résilience des chemins merveilleux s'offrirons à moi.

Là, j'entends des voix crier au scandale !! Me mettant en face les souffrances les plus insoutenables comme celles faites aux enfants, aux femmes, aux personnes les plus fragiles.

Je dis juste que le pardon "n'excuse pas " et je n'ai jamais jamais dit que ce chemin est facile et que moi même j'y arrive toujours et encore.


Par contre ce que je sais, par mon expérience, c'est que l'on a le choix de rester dans le statut de victime et de passer sa vie dans la colère, la culpabilité, le ressentiment qui nous ronge de l'intérieur tous les jours de plus en plus et nous met plus bas que terre.

Et tout ce que l'on essaye d'y construire, sur ce tas de feu de ruine, dans notre vie sera réduit en tas de cendres par notre auto-sabotage sous couleur de " je n'en ai pas le droit, je ne mérite pas cela ..."

Tout cela car notre identité est devenue ce statut de victime.

On reste dans cela par notre non pardon.


La difficulté de dire pardon est aussi par la difficulté à reconnaître notre responsabilité !

Quand on entend cela ce mot on crie au diable !!

Et justement on n'est pas dans ce domaine là !

C'est encore cette éducation religieuse qui met en synonyme la responsabilité à la culpabilité, tu es responsable donc tu es coupable !!

Et du coup on n'en sort pas de cette culpabilité ! Car ce qui est proposé là comme seule choix, c'est être soit dans la culpabilité de la victime ou soit dans la culpabilité de la responsabilité ! On choisit souvent le premier choix. Et souvent pas pour les bonnes raisons, car là on cède encore notre pouvoir mais cette fois ci à notre égo qui préfère être dans la victime que l'on plains et qui est à défendre plutôt que responsable qui devant la bonne morale de la société n'est pas envisageable.


Bref dans tout ce charabia de ce qui est bien ou mal, on s'y perd car il ne s'agit absolument pas du tout de cela. !

Et ça peut durer des années comme cela, à s'efforcer à avoir raison, à se poser en juge comme si on n’en avait pas assez déjà de notre colère et de notre culpabilité.


Cela va durer jusqu'à qu'on n'en peuvent plus de tout cet auto-sabotage, de ne plus pouvoir respirer et étouffer totalement dans notre vie. ça c'est quand les choses se passent bien, et je pèse mes mots !!

Car sinon cela peut-être la vie elle même qui peut décider que malgré tout les coups que vous recevez encore et encore, à refaire le même chemin vous n'avez toujours pas compris. Alors là ce sera la maladie (la haine et la colère nous consument), la mort, la faillite ... qui nous mettra au bord du gouffre et là l'urgence sera de vivre ou mourir. Car on a toujours le choix !

Et si c'est vivre alors vous serez obligé de passer par ce pardon.


Car le pardon est la clé de votre délivrance.

Quand on confond, le pardon et ce qui est excusable en fait on fait le choix de rester dans le statut de victime. Victime de cette petite fille qui n'a pas été protégé, au lieu d'être aujourd'hui responsable de sa petite fille de la consoler, la protéger et de lui offrir la vie dont elle a toujours rêvait :


" Le pardon n'excuse pas le passé mais élargie l'avenir"

Ce chemin est difficile et l'on le fait soi avec soi et pas avec ce que la bienséance souhaiterai.

Il se fait soi avec soi car bien souvent l'entourage est lui aussi dans la culpabilité et la colère de n'avoir pas pu nous protéger qu'ils n'en comprennent pas ce pardon. Ils en sont eux même incapables car ils sont dans la vengeance.


Pour moi le pardon a été de dire à la personne qui m'a blessé:


" Je te rends tes bagages. Ils ne m'appartiennent pas, c'est tes propres peurs, tes propres colères, tes propres faiblesses. Stop ! Tu peux bien en faire ce que tu veux. Les voilà"

Je lui rends ses bagages qui pendant tant d'années m'ont écrasé et du coup je m'allège, me libère.

Je n'excuse pas, je n'oublis pas et la souffrance sera toujours là.

Et c'est là où ma responsabilité rentre en action. De serrer fort ma petite fille dans mes bras, de la rassurer que je serais toujours là pour la protéger et surtout surtout !!!

De me pardonner. Je choisis de pardonner pour enfin pouvoir me pardonner.

Sans ce pardon là, je laisse encore à l'autre le pouvoir sur moi.

De me pardonner de ne pas avoir dit non, de me pardonner ma honte, de me pardonner ma culpabilité, de me pardonner mon silence, de me pardonner de ne pas avoir eu le courage de partir, de me pardonner de ne pas m'aimer, de me pardonner de ne pas croire en moi ...

Et la liste est immense.

Et c'est là que ce trouve notre responsabilité, d'avoir le courage. Car oui cela demande du courage se soulever toutes ces tombes où l'on crevait à petit feu à continuer à dire que c'était la faute de l'autre, des autres. D'aller reconnaitre que sous cette haine cette colère qui nous enfermions, on éteignait notre propre peine, souffrance. On passait beaucoup trop de temps à l'extérieur de nous à haïr au lieu d'aller se consoler, se guérir et s’aimer.

Aimer nos fractures, nos blessures, nos faiblesses, nos peurs.

Ce sont nos trésors uniques et merveilleux.

Ce que appelle Boris Cyrulnik " la résilience" notamment dans " Un merveilleux malheur" mais dans plusieurs de ses ouvrages. Qui m'ont beaucoup aidé sur mon chemin.


Souvent on se dit que l'on n'y arrivera pas, de retrouver une vie vraiment vivante. Or on a tous la capacité de ne pas rester enfermé dans ce malheur.

Dans le pardon, on revient dans l'humanité, dans son humanité. Alors que certains traumatisent nous y ont bien éloigné.

Et puis il y a le chemin.


" Le véritable pardon ne passe pas à côté de la colère, mais passe par elle. C'est seulement à partir du moment où j'ai pu me révolter contre l'injustice qui m'a été faite, lorsque que j'ai pu identifié la persécution en tant que telle et pu haïr mon bourreau, que la voie du pardon m'est ouverte "

Miller "Pardonner l'impardonnable"

Reconnaissance de sa souffrance, de son statut de victime pour ensuite pouvoir s'en libérer. Sans cela on recherche sans cesse cette reconnaissance à travers tout ce que l'on vit et personne que l'on rencontre. Et l'on s'éloigne du pardon et donc de soi.

Avant de s'engager dans le pardon, on se positionne dans la haine pour compenser le pouvoir que l'on a cédé à l'agresseur.

Et on est dans le ressentit d'être à nouveau puissante et de contrôler la situation. Qui est bien sur qu'une illusion.

Car cette toute puissante est un leurre. Mais si là elle nous permet de survire, elle va devenir petit à petit notre poison qui va nous brûler de l'intérieur et nous enfermer de plus en plus dans notre prison de souffrance.

Et surtout en faisant cela, alors que l'on pense devenir plus puissante que l’agresseur, on ne fait que renforcer notre lien avec lui. Un lien toxique.

Cette haine nous protège un temps mais maintenant elle est le barreau de notre prison.

Alors pour éviter le pardon, qui pour l'instant nous est insupportable, on s'épuise à l'extérieur à chercher des "remèdes" à cette souffrance où aussi nous sommes aussi devenu cet agresseur en retournant cette colère cette haine contre nous ou les autres.

Et chaque évènement de notre vie va venir réveiller cette colère, cette culpabilité ... et souvent on aura mille et une raisons d'en accuser les autres. Ce toujours " avoir raison" qui lui aussi nous éloigne de nous.

Et jusqu’au jour où ce stop arrive !

Cela pourra venir d'une faille qui viendra briser un de vos barreaux par un mot, un regard, un évènement, une main tendue...


Les chaînes qui vous empêchent, c'est votre haine d'un passé qui n'est plus.

Vous avez le choix de continuer à faire vivre ce passé ou le choix de pardonner en laissant ces bagages ici et maintenant. Et de commencer enfin votre vie en embrassant vos ombres à plein coeur.

Pardonner pour agrandir ses trésors, agrandir son coeur pour aussi offrir aux autres le meilleur et non plus cette haine.

Casser ces chaînes invisibles qui meurtri aussi vos enfants et toutes les générations futures. Mais aussi libérer les générations du passé.

Le pardon pour se reconstruire mais aussi passer de l'état de survivant à celui de vivant.

Et cela n'a aucun prix.

Ma liberté que j’ai aujourd’hui dans ma vie vient aussi de ce voyage.